« Nos enfants nous maudiront si nous échouons » (VIII)

En cette période de course effrénée à la présidentielle, la rubrique libre expression se veut le terrain idéal pour susciter le débat et pourquoi pas éveiller les consciences.

Alain Queyras, militant engagé et passionné, nous livre son analyse sur le monde et nos modèles de société. Une réflexion sur le sens de la vie, l’être humain, l’environnement, le travail et le partage des richesses… Autant de sujets qui devraient être au centre du débat politique et dont nous avons le devoir de nous emparer pour faire vivre la démocratie entre autres choses.

Son récit fleuve sera publié tous les jours pour vous laisser découvrir son analyse au fil des chapitres :


La nature ne se trompe jamais, elle obéit à des lois organiques à propos desquelles les notions de vérité, d’erreur n’ont aucun sens. Son évolution dite « Darwinienne », crée, sélectionne et élimine naturellement.

L’homme est son fleuron, son héritier de 15 millions d’années d’évolution, avec seulement quelques petits millénaires de civilisation. Cet homme a accédé à une conscience de lui-même et raconte l’histoire du monde. Grâce à son potentiel, s’il n’est pas à l’abri d’une évolution virale ni d’un cataclysme cosmique ou volcanique, il s’est éloigné, projeté hors même la sélection naturelle (Darwinienne).

Pour un temps, un temps seulement… Il a inventé une nouvelle forme de vie, une sorte de macroorganisme planétaire qui englobe le vivant et les productions humaines. Ainsi se présente les phases cosmiques, chimiques, puis biologiques terminant l’évolution naturelle de la Terre. Le temps, maîtrisé par l’homme, son jeune héros qui doit inaugurer et inventer un avenir : son avenir, qu’il a la capacité de projeter, déterminer ainsi que les moyens pour le mettre en œuvre.

L’homme reste le premier à initier un tel acte, il en demeure seul pour construire le scénario. Un scénario qui dépasse sa réalité personnelle et éphémère pour en aborder l’au-delà, pour le pénétrer d’un sens qui affirmera à la fois la souveraineté de sa conscience, de sa morale et la présence du monde, de son hôte tel qu’il se donne à lui.

Cette œuvre extraordinaire lui est aujourd’hui un ouvrage imposé. Ainsi, un paysage nouveau est à construire, une œuvre réfléchie résultant du fruit unique de l’intelligence raisonnée et collective des hommes.

Comme Sisyphe, l’homme a poussé sa pierre au sommet de la montagne, l’oligarchie et ses forces archaïques et mortifères, puissantes et organisées, risque de la faire s’échapper. Dans ce cas « Nos enfants nous maudiront si nous échouons » (Conclusion rapport Brundtland, ONU 1987).

Il s’agit de nous persuader que nous sommes seul maître de notre destin, que nous sommes de simples locataires d’une planète magnifique mais fragile et qu’il y a des salauds, qu’il y en aura toujours et qu’ils représentent la parfaite négation de l’intelligence humaine, une intelligence sans lumière, perdue dans l’angle mort de la raison.

Dégradations des conditions de vie historiques pour les peuples, planète grandement fragilisée, médias à la botte, montée de l’extrême droite, citoyens perdus… Que de complexités.

Voici, me semble–t-il, avoir déterminé à mon sens et quelque peu les enjeux et ce qui enferme l’humanité dans cette situation paranoïaque. Comment inverser ou au moins tenter d’inverser cette situation ?

On ne peut que constater à travers l’histoire des Hommes que la « démocratie » figure en rares pointillés dans l’échelle du temps mais n’existe assurément pas, même actuellement, dans tous les pays.

Des grecs, qui l’ont inventé, suivit des romains, jusqu’à César qui la détruira, elle disparue pendant de longs siècles d’obscurantisme sous le dogme religieux. Si elle fut reconquise dans le sang, aujourd’hui dans l’immense majorité des pays qui s’en revendiquent il n’en reste qu’un ersatz.

Je ne prendrai qu’un seul exemple illustrant ce dernier propos : en France, en 2005, est présentée sous forme de référendum la ratification du traité de Rome. Parti Socialiste, droite, médias, serviteurs zélés font campagne pour le « oui ». Ils sont convaincus du résultat, ce qui est assurément à l’origine du référendum.

Ce traité sera rejeté par les français à 55% des votants, comme par les hollandais d’ailleurs. Mais qu’importe ce vote, il entraînera une « réécriture » sans modification dont seule l’appellation changera, il sera dénommé traité de Lisbonne…

Fort de ce changement particulièrement fondamental, notre cher Sarkozy, avec la connivence de notre cher Hollande (alors secrétaire du PS) feront voter sa ratification en 2008. Aucune, même timide, protestation médiatique malgré le fait que cet acte fasse fi de la démocratie la plus élémentaire. Le respect d’un vote du pays.

Et ces salauds zélés corrompus osent prétendre nous représenter. Ils ne représentent assurément qu’une mascarade, une pantomime de surcroît nourricière, car ce sont des professionnels carriériste cumulards !

Ces aimables représentants responsables prônent, bien entendu avec une certaine délicatesse, précarité, flexibilité et rigueur pour les peuples qu’ils dirigent. Ils daignent même parfois baptiser leurs victimes d’assistés, voire de fainéants. Je reviens toujours à la même chose : pénible…

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