Qui peut oser prétendre que nous sommes en démocratie ? (VII)

En cette période de course effrénée à la présidentielle, la rubrique libre expression se veut le terrain idéal pour susciter le débat et pourquoi pas éveiller les consciences.

 Alain Queyras, militant engagé et passionné, nous livre son analyse sur le monde et nos modèles de société. Une réflexion sur le sens de la vie, l’être humain, l’environnement, le travail et le partage des richesses… Autant de sujets qui devraient être au centre du débat politique et dont nous avons le devoir de nous emparer pour faire vivre la démocratie entre autres choses.

Son récit fleuve sera publié tous les jours pour vous laisser découvrir son analyse au fil des chapitres :


Tous ces salauds, se sont donné le nom « d’élite ». Ces serviteurs, papes, archevêques et curetons du marché invisible, en chaussures compensées et le verbe haut, occupent tout l’espace au point d’aveugler l’horizon !

Ces salauds abandonnent, enferment le Citoyen. Ainsi prisonnier, en prise à leur démagogie, à la culpabilité, le citoyen reste incapable de comprendre, d’agir, d’intervenir efficacement malgré son désir. Il reste seul, angoissé, perdu devant son incompréhension du monde, son ignorance de l’état réel du monde et devant son incapacité à en percevoir nettement les sources qui altèrent, rongent, menacent son avenir.

Dans ce contexte, qui peut oser discourir sur le mot « démocratie », qui peut oser prétendre que nous sommes en démocratie, sinon ces zélés de tous genres ? Et cette situation déjà paranoïaque est en train de se complexifier…

L’oligarchie, comme par exemple celle de Chine, d’Arabie, n’a nul besoin de « démocratie » pour vaquer à ses occupations. En France, comme ailleurs, elle en a verrouillée le fonctionnement. L’ersatz de démocratie qu’elle tolère : le vote, n’est qu’une illusion de démocratie nécessaire au peuple et qui n’existe que par le rôle que joue la social-démocratie dans une alternance sans changement.

Sous les coups de boutoir incessants de l’ultra-libéralisme, la social-démocratie s’effrite, s’écroule, partout dans le monde et en particulier en Europe. Il ainsi à ré-émergé, depuis 30 ans et au fils des « crises » finanières successives, l’extrême droite. Avec l’aide de Mitterrand chez nous…

Se profile ainsi, comme aux US, une « démocratie » subventionnée à coup de Milliards par l’oligarchie ou alternent une droite dure taguée du beau nom de « démocrate » (Clinton, Obama…) et qui faisait rêver Sarkozy et une extrême droite au pouvoir appelée « républicaine » (Regan, Busch, Trump…).

Le dernier en date, Trump, est un psychopathe doublé d’un pervers narcissique qu’une simple expertise psychiatrique ferait enfermer et dont on n’a pas encore saisi toute la catastrophe au même titre que l’ampleur déjà avérée des pratiques et conduites hégémoniques des US dans le monde depuis 1944.

Noam Chomsky, considéré comme un des plus grands intellectuels vivants, est un des détracteurs le plus fin, le plus précis et le plus assidu de la politique extérieure US, a remarqué que, depuis l’arrivée de Trump, l’indicateur économique qu’est la bourse US a dépassé largement des sommets jamais atteints jusqu’alors.

Les serviteurs zélés travaillent chaque jour, et encore plus en cette période électorale, avec conscience et acharnement au devenir totalement réactionnaire de nos sociétés. Amnisty International, entre autres, s’alarme de la montée des discours politiques xénophobes et extrémistes. Les discours de « rejet des autres » qui ont, d’après elle, « dominé le débat politique, notamment en Europe et aux Etats-Unis », ont « alimenté un recul mondial des droits humains qui risque de se confirmer en 2017 ».

En 2016, l’utilisation cynique de ces discours rejetant la faute sur les ‘autres’ et distillant la peur et la haine a atteint des niveaux inégalés depuis les années 30.

« Les discours clivant des marchands de peur sont devenus une force dangereuse », on pense aisément au président américain Trump dont les propos de campagne ont, selon l’organisation, été « particulièrement emblématiques » de cette tendance. En France, l’association déplore aussi une année « extrêmement préoccupante » pour les droits humains.

Amnesty estime notamment que la prolongation de l’état d’urgence, décidée dans la foulée des attentats de 2015, est « injustifiable » au regard du droit international et remet « dangereusement » en cause des libertés essentielles.

« Le risque est que la France s’habitue à ce que des droits considérés comme acquis soient remis en cause » écrit l’association qui s’interroge par ailleurs sur l’efficacité de ces mesures. De fin 2015 à fin 2016, seules 0,3% des mesures liées à l’état d’urgence ont débouché sur une enquête judiciaire pour des faits de terrorisme.

Amnesty fustige également la réponse « inadéquate«  de la France en matière d’accueil des réfugiés (30 000) et le « climat de stigmatisation«  qui règne dans le pays, visant notamment les migrants mais aussi la population musulmane.

A l’origine, on a créé l’Europe pour lutter contre les nationalistes, pour qu’il n’y est plus de guerres, « plus jamais ça », et on constate depuis 30 ans, au gré des « crises », leur renouveau. Malgré les pilonnages incessants, je ne crois absolument pas que notre peuple soit fascisant, il me semble seulement totalement perdu, ne sachant plus à quel saint se vouer.

Je rajouterai simplement que nos élus, presque à l’unanimité, ont renforcé, augmenté très récemment et inutilement, les pouvoir de la police et leurs possibilités d’amnistie ou « le permis de tuer » alors que personne n’ignore que plus de 50% de la police, dont les déviances racistes sont structurelles, votent FN.

Je compléterai sur un avertissement donné aux futurs manifestants. Avec la mort de Rémi Fraisse, provoquée par une grenade de guerre à Siviens, absolument nécessaire à la protection de la police qui se sentait, malgré un armement pléthorique, menacée par de jeunes écolo en bonnet et sac à dos. Où, le dernier en date, cette matraque se précipitant pour se réfugier dans l’anus d’un jeune noir et que les bœufs/carottes trouveront accidentel, le pantalon ayant glissé.

Des signes qui ne trompent pas. Depuis 30 ans, nous sommes « pris » dans le syndrome de la grenouille, cette métaphore qui nous montre que si les changements se font de manière lente et insidieuse ils échappent à la conscience et ne suscitent aucune réaction, opposition ou révolte. On finit « cuit », comme la grenouille.

Il est urgent de lire, relire et de faire lire 1984 de George Orwell. Dans ce climat, le sage aura beau montrer la lune, le peuple regardera son doigt. Il discutera, polémiquera, voir se déchirera, oubliant ainsi la cause des causes qui a engendré sa situation.

Ainsi, après les questions « d’où venons-nous et qui sommes-nous » que les humains ont quelque peu résolue, « où allons-nous » reste la question d’une cruciale et brûlante actualité. A laisser la bestialité et le parasitisme maîtres de l’organisation de nos sociétés, la seule question qui mérite, je pense, que l’on se la pose avant celle-ci est « le méritons-nous ? »

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