Merci Spinetta – mon expérience avec Air France !

Ce matin, devant une tasse de café, je pense aux grèves qui arrivent à la SNCF, aux mobilisations des cheminots et à l’organisation (mouvementée) de mes voyages à venir. Et malgré tout, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce sera quand même moins pire que… mon dernier voyage en avion !

Retour sur expérience

Avec mes aspirations syndicalo-patriotiques, j’ai bien sûr fait le choix de voyager avec notre fleuron national : Air France ! « Reprise en main », « repensée », « redressée », privatisée et « sauvée » par son dernier PDG, tant qu’on ne porte pas de chemise, il y a de quoi se frotter les mains à l’idée de faire un tour dans ces avions.

J’achète mes places, embarques mon maillot de bain et mes tenus légères, pour finalement finir par me prendre la plus grande veste que j’ai connue.

Après avoir profité des installations de l’aéroport lors des 3/4 d’heure de retard pour l’embarquement, j’ai eu la chance de m’habituer à mon siège, dont le dossier (cassé) ne s’incline pas, en attendant une heure de plus que l’avion puisse finalement quitter la piste.

A bord je profite d’équipements qui ont tout à envier aux compagnies low-cost : plastiques jaunis, en contraste avec la lumière cassée qui elle ne jaunit plus rien, écran télé d’un autre âge qui ne s’allume pas plus que la lumière, écouteurs muets, repose pied qui a choisi de se reposer,  personnel en sous-nombre et donc surchargé qui lui ne risque pas de se reposer. Il faudrait penser à équiper les hôtesses de chaussures de footing… ou de supers pouvoirs !

Il y a des jours comme ça où on tire le mauvais numéro… Ceux où on se dit que finalement voyager en low-cost est quand même fort agréable en font partis. Puis il y a le dicton de « l’exception qui confirme la règle », après tout ce n’est pas un voyage (qui forme la jeunesse parait-il) qui va me dégouter de notre compagnie au prestige retrouvée.

D’ailleurs, pour ne pas être mauvaise langue : Air France pense à moi et à mon repos, ayant surbooké mon avion du retour, la compagnie m’offre gentiment de prolonger mes vacances puisqu’il n’y plus de place pour moi et mon conjoint dans l’avion. Ils accordent finalement un prolongement aux vacances de mon mari en nous trouvant 2 places, chacun à un bout de l’avion… malgré une réservation commune et le choix de 2 sièges côte à côte.

Je retrouve alors vite des repères rassurants : embarquement retardé, lumière HS, hôtesse qui cache surement un juste au corps de WonderWoman sous son beau tailleur… Je me demande si ce n’est pas le pilote qui va finir par devoir aussi nous expliquer les consignes de sécurité. Mais Air France sait varier les plaisirs et apporter sa dose de surprise, pour se rattraper c’est en position allongée que le dossier de mon siège se bloque. Qui a dit que nos réclamations été vouée à rester insatisfaites ? Même mes écouteurs marchent comme le nombre de passagers satisfaits : il n’y en a qu’un sur deux qui est OK, et encore pas tout le temps…

La faute à qui ?

Sur le plancher des vaches je finis par me demander comment un simple aller-retour en avion peut vous faire regretter l’époque où on voyageait en charrette ? Surtout en voyageant avec la compagnie qu’a si « brillamment reprise en main » l’un de nos as des transports : Jean-Cyril Spinetta ?!

Privatiser, réduire le nombre de salariés, s’attaquer à leurs conditions de travail, ralentir les investissements, privilégier la rentabilité aux passagers… Bizarrement, on est à peu près aussi proche de retrouver le vol MH777 de la Malaysia Airlines que de pouvoir prouver que ces recettes fonctionnent. La seule chose qui s’empile plus vite que les profits pour Air France ce sont les dossiers de réclamations des clients !

Et c’est aujourd’hui à cet homme, qui a créé des conflits sociaux jamais vu chez Air France, qui a participé à mettre à mal la réputation de la compagnie, qui a brisé la bonne image que les français avait d’elle, qui y a opéré des reculs historiques, à qui on demande de « sauver » la SNCF ? Aucun doute que si aujourd’hui elle n’a pas besoin d’être sauvée, après son passage ce sera le cas !

La méthode reste alors la même, trouver un bouc émissaire, s’attaquer aux salariés qui seraient la ruine du secteur : Monsieur Spinetta n’a pas compris que sans pilote les avions ne volent pas encore et que sans cheminots les trains risquent de marcher beaucoup moins bien… Puis finalement tirer sur la corde des bénéfices : au diable la satisfaction des usagers, avec la démographie qui augmente, si les voyageurs d’aujourd’hui ne sont pas contents il y en aura des tout nouveaux demain !

Alors quoi ?

Si la privatisation marchait ça fait longtemps qu’on le saurait finalement ? France télécom, privatisée et devenue Orange : c’est cher et ça déconne. L’eau, le gaz et l’électricité privatisés : ça augmente. Et est ce qu’on parle des autoroutes ?

Alors je me dis qu’elle est pas mal la SNCF comme elle est aujourd’hui… et qu’heureusement qu’il y en a qui continue de se casser le cul, malgré les process, malgré les suppressions d’emplois, malgré les barrières structurelles, pour que les trains roulent encore et roulent partout !

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