Indignons-nous ! – Rapport d’introduction de la CE de septembre

La rentrée est toujours l’occasion de reprendre les bonnes habitudes. Retrouvez donc le rapport d’introduction de Philippe Assaiante, égrainé en fil rouge tout au long de la commission exécutive de la Fapt 05 du mois septembre.


Après ces 2 mois de « repos » nous avons des tonnes de choses à voir car eux n’ont, semble-t-il, pas pris de congés…

Comme eux, les dirigeants, nous pourrions interpréter la trêve estivale du conflit des cheminots comme une défaite. Comme eux, nous pourrions imaginer que le match est terminé et qu’après la casse du service public ferroviaire tout est permis. Et ils y croient puisque sans transition ils s’attaquent de front aux retraites, au régime d’assurance chômage, aux fonctionnaires, aux lycéens, aux migrants, à tout ce qui n’est pas « rentable » au sens financier du terme.

Dans ce climat, nous avons 2 solutions.

  • La 1ère serait de regarder, inactif, ces voleurs nous dérober sans scrupule tout ce qui fait de nous notre fierté, et au-delà de notre fierté, notre protection quotidienne et à venir.
  • La 2ème serait de considérer qu’un match se joue en plusieurs manches et que s’ils semblent avoir gagné la première, nous avons la responsabilité commune de gagner les suivantes et de leur mettre le compte ou « la race » comme le diraient mes ados.

Un fil rouge pour ne pas perdre le fil

Le ton de cette CE doit donc être à l’offensive pour une rentrée énergique. Nous devons nous indigner pour nous soulever à chaque injustice et pour être indignés nous devons comprendre et nous allons tous comprendre afin d’éveiller et élever encore mieux les indignations des autres.

Nous devons nous engager fièrement dans une lutte de masse dans laquelle chacun doit retrouver sa place, dans sa classe, car ne nous y trompons pas nous y sommes en plein. Faut-il nous en persuader encore ? Un gouvernement qui applique une politique en faveur des plus aisés en opprimant les moins favorisés ou les démunis est un gouvernement qui oppose des classes, qui exploite les petits. Mais la ruse est de rigueur car dans la confusion organisée des classes historiques, on fait croire à une certaine classe dite « moyenne » qu’elle s’en sort bien… Et si elle ne s’en sort parfois pas si bien c’est évidemment la faute des plus pauvres, des plus démunis, des assistés, des réfugiés, des retraités…On se trompe d’adversaire et pendant ce temps ils avancent.

Je vous propose d’aborder ce rapport d’introduction avec une certaine dose d’ironie et d’une façon particulière puisqu’il va nous accompagner une grande partie de la CE comme un fil conducteur. Certains thèmes abordés seront suivis d’un temps de débat, ça va être lourd mais difficile de faire autrement. Vous êtes prêts ? Juste pour nous mettre de bonne humeur :

Pluie d’annonces, valse des d’inégalités

Fidèle à ses méthodes, Macron via son premier ministre, a annoncé par voie de presse un ensemble de mesures violentes contre les plus modestes, les familles, les retraités, les agents de la fonction publique et au final contre l’ensemble du monde du travail.

Le 12 août dernier, la Ministre de la santé et de la Solidarité a annoncé un versement unique des aides sociales en 2019. La fusion devrait concerner six allocations différentes : le RSA, l’allocation de solidarité spécifique, la prime d’activité, le minimum vieillesse, l’allocation supplémentaire d’invalidité et l’allocation adulte handicapé. Comme dans le monde des entreprises, qui dit fusion dit suppression.

Des experts ont calculé, d’après une étude, les conséquences d’une réforme des aides sociales : les dégâts se font particulièrement ressentir pour les plus précaires. Ce sont 3,55 Millions de ménages qui verraient leurs revenus diminuer soit du fait que leurs prestations baissent soit qu’ils n’y ont plus droit.

Des fusions qui vont certainement contraindre à de nouvelles organisations de travail dans les services et qui conduiront bien évidemment aussi à des suppressions d’emplois dans les Caisses de la Sécurité Sociale  et à la CAF, ça tombe bien y en a marre de ces gens qui bossent pour les assistés….

Autre annonce de ce mois d’aout la refonte du calcul des APL qui permettrait une économie de 1 Milliard d’euros. 1 Milliard d’euros de moins pour les plus démunis… Et bim, c’est bien fait pour eux, ils n’ont qu’à travailler plus ou trouver un boulot mieux payé !

Contrairement aux prévisions vendues, la croissance ne sera pas au rendez-vous (enfin pas pour tout le monde), ce qui prouve bien l’inefficacité des mesures prises. Pire, les orientations assumées de ce gouvernement vont aggraver la situation du pays.

Des mesures inefficaces…

Dans son obsession à toujours être au service des « premiers de cordées » et malgré un habillage marketing peu convaincant, tout le monde aura noté que les propositions libérales du premier ministre ont toutes déjà été testées… sans succès. Les richesses créées par le travail servent essentiellement à alimenter les principales places boursières mondiales qui affichent des performances records ainsi que les dividendes versés dans le monde qui atteignent des sommets.

S’agissant des heures supplémentaires « désocialisées », Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), indique que la mesure de défiscalisation des heures supplémentaires mise en place par N. Sarkozy fut à l’origine de pertes d’emplois « comprises entre 52 000 et 95 000 postes en 2011 » sans que sur la même période le pouvoir d’achat des ménages s’en ressente. Bref, cette mesure est un « tue l’emploi » ! Tout comme le CICE et sa pérennisation qui devrait représenter un budget de 20 Milliards d’euros pour une efficacité quasi nulle.

Tous les projets gouvernementaux mis en œuvre ou annoncés, ont les mêmes effets néfastes pour la population. « Garder le cap et maintenir le rythme » seraient ce qui motive ce gouvernement. Afin de justifier la défiscalisation des heures supplémentaires le 1er Ministre dit « nous faisons le choix du travail » pour augmenter le pouvoir d’achat des actifs et dans le même temps il organise une baisse du pouvoir d’achat des retraités et des plus démunis.

Quand il dit « La baisse de la taxe d’habitation c’est 10 Milliards rendus au français, la baisse des cotisations sociales c’est 7 Milliards rendus chaque année à ceux qui travaillent, la revalorisation des heures supplémentaires c’est 2 Milliards soit au total : 250 € de plus par an pour un salarié au SMIC » de qui se moque-t-il ?

… qui profitent aux plus riches

Sans compter que tout cela remet en cause l’emploi et la sécurité sociale.

L’an dernier, Édouard Philippe avait boudé l’université d’été du Medef. Trop tôt sans doute pour aller faire le service après-vente de ses mesures devant un public acquis à sa cause. Depuis, les arbitrages réalisés par l’exécutif ont de quoi satisfaire le gratin patronal, qui bénéficiera dès janvier de la très attendue transformation du crédit d’impôt compétitivité-emploi (CICE) en baisse de cotisations pérenne pour un total de 20 Milliards d’euros. Inutile de vous rappeler que ce sont ces mêmes cotisations qui permettent de faire vivre notre modèle social.

Avec la loi Pacte, qui sera examinée bientôt à l’Assemblée nationale, les entreprises apprécieront la suppression du forfait social : cette contribution affectée à la Sécurité sociale qui s’applique aux rémunérations extra-salariales non soumises à cotisations sociales comme l’intéressement et la participation.

A cela s’ajoute une trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés qui passera de 33,33 % à 31 % en 2019, puis à 28 % en 2020, 26,5 % en  2021, pour atteindre 25 % en 2022. Gain cumulé : 13,6 Milliards d’euros en 2022.

En contre partie les chefs d’entreprise devront attendre octobre 2019 au lieu du début d’année pour bénéficier d’une baisse de 4 points des cotisations patronales  au niveau du Smic… De quoi encourager à ne pas embaucher à un salaire plus élevé !

Le gouvernement martèle qu’il s’agit là d’une « mise à contribution des entreprises » pour redresser les finances publiques. « L’économie » (dixit Bruno Le Maire) serait de 2 Milliards. C’est drôle de parler « d’économie » quand on parle d’argent qu’on va perdre non ? Et puis grâce à ce report de cadeau, on tente de faire oublier les mesures de plus en plus massives prises pour abaisser les « charges » pesant sur les salaires, censées améliorer la compétitivité des entreprises, ainsi que celles sur la fiscalité des revenus financiers au nom de l’investissement.

La suppression de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune), remplacé par un IFI (impôt sur la fortune immobilière) qui exonère l’ensemble des biens mobiliers, dont les actions, les obligations, etc., entre dans ce dernier cadre.

Ou encore la création de la flat tax sur les revenus financiers, jusqu’ici soumis au barème de l’impôt sur le revenu à 45 % et qui le sont désormais à un prélèvement forfaitaire maximal de 30 %, CSG comprise. De quoi faire  économiser 1,9 Milliard d’euros par an aux ménages les plus aisés. Reste que les vieilles lunes patronales, malgré la  promesse de création d‘« un million d’emplois », n’ont pas produit de miracle. En juillet, le nombre de demandeurs d’emploi est à la hausse. Si bien qu’au lieu d’enclencher le cercle vertueux de la reprise, le gouvernement offre la clé d’un nouveau paradis fiscal.

Pour ce qui est de la suppression des postes de fonctionnaires et de la réduction des emplois aidés, rien de nouveau là non plus. Les libéraux ont très scrupuleusement cassé le service public qui constitue notre bien commun et le dernier rempart contre la division extrême de la société

Tous ces  projets gouvernementaux ne font qu’accroître les différences, augmenter le coût de la vie (+2,3 % entre le 1er juillet 2017 et le 1er juillet 2018), tandis que les entreprises du CAC 40 ont bénéficié de plus de 47 Milliards de profits au 1er semestre 2018, et que seulement 31 000 créations d’emplois ont été faites dans le secteur privé… Bénéfices ne riment donc pas forcément avec embauches !

Étudiants, retraités, salariés… tous les dindons de la farce

Dans ce monde de rêve, les plus jeunes n’ont pas tous eu la chance de reprendre les cours. Avec Parcoursup, c’est plus de 50 000 jeunes qui étaient sans affectation à quelques jours de la rentrée, un Parcoursup qui ne fait que développer la discrimination sociale et territoriale au droit aux études supérieures, au choix de l’étudiant alors que (je cite :) “L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïc est un devoir de l’État » (extrait de la constitution française de 1946).  Nombreux sont ceux obligés de se retourner vers une formation payante pour « continuer ».

Dans ce monde de rêve, les retraités sont la cible de sévères mesures. Après la CSG, ce sont les pensions de reversions qui sont visées et une augmentation des retraites qui ne seraient plus indexées sur l’inflation qui à 2,3 %, on imagine la suite…  Le système des retraites actuel est menacé. La stratégie du gouvernement est toujours la même, on montre du doigt un statut, un peuple, une génération et les gueux les jalousent presque à leur voler leur santé. Posons-nous un instant sur cette question que nous devons comprendre pour nous indigner. Pour aborder le point je vous propose d’écouter Aurore Bergé, porte-parole du gouvernement, elle est le reflet même de toute la considération qu’il est capable de porter.

Quand les chômeurs trinquent

Après les retraités qui coutent cher aux jeunes actifs, passons aux privés d’emploi qui coutent cher au pays… Il ne vous aura pas échappé que les négociations nationales sur le régime d’assurance chômage sont en cours et que si s’ils en rêvaient (le Medef), ils vont peut-être y arriver. Sur le chômage, nous avons besoin d’un gros travail d’éducation. D’ailleurs c’est un sujet que nous avons anticipé puisque nous avons décidé en début d’été de sortir une série de com. sur le chômage. La première reprend les différentes catégories dans lesquelles sont classés les allocataires. Ce tract doit permettre à chacun de décrypter les mensonges des chiffres… Qu’en est-il de la réforme envisagée ?

« Remettre complètement le système à plat ». Tout juste le gouvernement vient-il d’ouvrir un nouveau chapitre social, conviant syndicats et organisations patronales à plancher sur une réforme de l’assurance chômage et déjà le nouveau président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, voit grand. Parmi ses propositions dévoilées dans les Echos, de vieilles recettes à l’efficacité douteuse que le successeur de Pierre Gattaz n’exclut pas de ressortir. Comme la dégressivité des allocations chômage, c’est-à-dire la réduction progressive dans le temps des indemnités perçues par les chômeurs, dans le but de les « inciter à la reprise d’emploi ». Mais aussi des propositions bien plus explosives pour l’avenir du régime, dont la nature assurantielle doit, selon lui, être questionnée. Pure rhétorique habituelle d’un patronat qui veut se faire entendre, en tapant fort ?

Pas si sûr, tant les discours du Medef et du gouvernement semblent plus que compatibles en cette rentrée sociale. Preuve en est, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a fait savoir qu’elle n’avait « aucun tabou » sur la question de la dégressivité. Quant à la mutation du régime proposée par le Medef, elle n’est pas sans rappeler la promesse du candidat Macron. « L’État prendra en charge le système d’assurance chômage en y associant l’ensemble des parties prenantes et en particulier les partenaires sociaux », expliquait-il dans son programme présidentiel.

Premier pas vers cette nouvelle architecture : fin septembre, le gouvernement remettra une « lettre de cadrage » aux partenaires sociaux, en amont de l’ouverture de leur négociation sur l’assurance chômage. Et cette dernière devrait fortement limiter leurs marges de manœuvre. Car en la matière, l’exécutif sait déjà où il souhaite aller. Après avoir donné de la « flexibilité » aux entreprises, lors de la réforme du code du travail, et de la « sécurité » aux salariés, au travers du projet de loi de la ministre du Travail, le gouvernement entend corriger les biais de son « nouveau contrat social ».

Du côté de l’assurance chômage, deux failles ont été identifiées par l’exécutif : les entreprises qui abusent des CDD et les chômeurs qui, selon lui, traînent des pieds pour retrouver un boulot. Notamment les « permittants » qui alternent périodes de travail et d’indemnisation par Pôle Emploi. Je ne sais pas vous mais moi il y a des constats qui m’indignent. En gros  ils ont flingué le code du travail et précarisé le salariat et ils se plaignent que les entreprises abusent de ce qu’ils ont eux-mêmes créé tout en reprochant aux privés d’emploi de ne pas trouver de stabilité !

Ils ont donc la volonté de changer les règles du jeu. Non les utopistes, ils ne vont pas abroger la loi travail.

L’objectif est double : outre la courbe du chômage que le président de la République a promis de faire passer sous la barre des 7 % d’ici la fin du quinquennat il faut aussi assainir les comptes de l’Unédic, le gestionnaire de l’assurance chômage, qui a enregistré un déficit de 3,4 milliards d’euros en 2017. Avec une dette qui culmine à 33,5 Milliards d’euros.

Pourquoi reparle-t-on de la dégressivité des allocations ? Aujourd’hui, un chômeur indemnisé perçoit une allocation de retour à l’emploi (ARE) qui ne peut dépasser 75 % son ancien « salaire journalier de référence » (moyenne des salaires brut des jours travaillés au cours de l’année écoulée). En moyenne, l’allocataire perçoit 72 % de son ancien salaire net (le montant moyen de l’allocation mensuelle était de 1020 euros en 2017, selon l’Unédic). Une fois calculée, cette somme reste inchangée jusqu’à épuisement de ses droits.

Soit pendant deux ans maximum (trois pour les plus de 55 ans). Mais il n’en a pas toujours été ainsi. De 1986 à 2001 : les allocations étaient dégressives, diminuant en fonction de l’ancienneté du chômeur dans le régime. Faut-il aujourd’hui revenir à ce mécanisme, comme le suggère le Medef ? Oui, répondent ses partisans, arguant que la contrainte financière pousserait les chômeurs à reprendre plus vite un emploi, si tant est qu’il y en ait suffisamment sur le marché. Avec à la clé des économies pour l’Unédic. Muriel Pénicaud dit regarder ce qui se fait ailleurs : « On est un des rares pays d’Europe qui indemnise les demandeurs d’emploi deux ans, trois ans pour les seniors, sans dégressivité. » Là aussi, les « gaulois » feraient-ils figure d’exception ? Début 2017, Bruno Coquet, chercheur affilié à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), s’est penché sur le sujet. Son constat : « La dégressivité n’est pas le schéma privilégié dans l’UE et l’OCDE. » Sur les 37 pays étudiés, il n’en dénombre que 14 ayant opté pour ce mécanisme. Avec un succès difficile à mesurer.

Un outil efficace contre le chômage ?

En 2015, l’Unédic s’est lancé dans des comparaisons européennes. Prudent, l’organisme précisait alors qu’il était impossible de « tirer des enseignements précis » étant donné les différences importantes entre tous les pays européens (niveau d’indemnisation, durée, plafond…). L’Unédic détaillait en revanche la dégressivité appliquée par nos voisins.

En Suède, un demandeur d’emploi reçoit 80 % de son salaire puis 70 % après six mois. En Italie, on débute à 75 %, puis 60 % après six mois, pour finir à 45 % après un an de chômage. Aux Pays-Bas, c’est 75 % du revenu à l’ouverture des droits et 70 % après deux mois. Le Danemark, qui avait fait le choix de la dégressivité, a de son côté décidé d’y mettre un terme en 2016. En France, le retour d’expérience est aussi très nuancé. En 2015, un rapport de la Cour des comptes se montrait plutôt sévère : « Les études économiques tendent […] à montrer que la mise en œuvre d’une allocation dégressive engendre des économies, mais n’améliore pas globalement l’efficacité du système d’assurance chômage. »

Selon l’économiste Bruno Coquet, « les bénéfices de la dégressivité sont douteux et elle crée des effets indésirables ». Elle pourrait, estiment ses détracteurs, aggraver la situation en créant des « trappes à précarité » pour certains demandeurs d’emploi qui, confrontés à une baisse de revenu, seraient contraints d’accepter des postes en dessous de leur qualification. Avec, en fin de chaîne, de moins en moins d’offres disponibles pour les moins qualifiés.

A la CGT, Philippe Martinez dénonce, lui, une mesure faisant passer les chômeurs pour des « profiteurs ». François Hommeril, de la CGC, fustige, lui, le « populisme » de la proposition, ajoutant que la dégressivité « n’a pas d’impact économique positif ». Chez le syndicat des cadres, l’inquiétude est forte depuis qu’un député LREM a proposé mi-août d’introduire la dégressivité des allocations chômage mais seulement pour les hauts revenus, au nom « d’une meilleure justice sociale ». Pour l’heure, le gouvernement n’a pas fermé la porte.

Le principe de l’assurance chômage est-t-il menacé ? Oui, en tout cas dans sa mouture actuelle, qualifiée d’« assurantielle ». C’est-à-dire un système dans lequel chacun reçoit en fonction de ce qu’il a cotisé. Un principe défendu lundi par Laurent Berger, le numéro un de la CFDT, dans une interview au Monde. Et mis à mal, la veille, par Roux de Bézieux, du Medef, qui plaide pour la création d’« une allocation universelle forfaitaire » gérée par l’Etat, intégrant l’allocation de solidarité spécifique (ASS), attribuée aux personnes ayant épuisé leurs droits au chômage, et d’autres minima sociaux. Le tout financé par la contribution sociale généralisée (CSG), c’est-à-dire l’impôt, et non plus les cotisations sociales.

Ce premier niveau pourrait, selon lui, être complété par un « régime assurantiel complémentaire obligatoire, géré par les partenaires sociaux ». Syndicats et organisations patronales garderaient donc la main sur le système, seulement de façon secondaire. Ce second niveau serait financé par les seules cotisations patronales (celles payées par les salariés disparaissant totalement au 1er octobre 2018), « garanti par l’Etat et avec une règle d’or : l’équilibre des comptes », précise de Bézieux.

Quels sont les autres sujets sur la table ? Pour l’heure, il est encore question d’un « diagnostic partagé », fait savoir la ministre du Travail. La mise en place hypothétique d’un bonus-malus sur les cotisations employeurs pour sanctionner financièrement les boîtes qui abusent des contrats courts devrait être à l’ordre du jour. Mais cette arlésienne se heurte à l’opposition constante du patronat. Ce dernier lui préfère un plafonnement des indemnités, sujet « dont on peut discuter », a déclaré le chef de file du Medef. Ce qui n’est pas du goût de Laurent Berger, de la CFDT : « Il n’est pas question de faire moins sur l’indemnisation des demandeurs d’emploi ». Enfin, le cumul entre allocations chômage et salaires, dont bénéficient les 865 000 chômeurs désormais qualifiés de « permittants », sera aussi sur la table.

Donc si on doit résumer l’état d’esprit dans lequel s’ouvrent les négociations côté Medef et gouvernement, c’est que tous les privés d’emploi sont des profiteurs qui préfèrent rester au chômage et perçoivent une allocation alors qu’il y a du boulot et du bon boulot pour tout le monde.

On ouvre le débat sur ce point. Avez-vous des remarques ? Distribuer le tract  chômage. Est-ce que tout le monde le comprend ?

Demain : La Poste aux actionnaires ?

Il ne vous aura pas échappé que l’État va céder des parts du groupe La Poste à la caisse des dépôts et consignation qui va ainsi devenir le principal actionnaire. Au bureau nous nous sommes indignés de cette décision mais sans réellement comprendre les conséquences de ce désengagement de l’état dans le capital de la poste. En effet, les dirigeants de La Poste et les représentants du gouvernement se veulent rassurants puisqu’ils affirment que la poste restera une entreprise 100 % publique. Mais alors il est où le problème ? On nous parle de la Caisse des Dépôts et Consignation, la CDC. C’est quoi ? Pour comprendre je suis allé sur internet afin d’en connaître les missions.

  1. La Caisse des dépôts et consignations et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays (…)

  2. (…) Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’État et les collectivités territoriales et peut exercer des activités concurrentielles. (…)

  3. (…) La Caisse des dépôts et consignations est un investisseur de long terme et contribue, dans le respect de ses intérêts patrimoniaux, au développement des entreprises (…)

  4. Elle est placée, de la manière la plus spéciale, sous la surveillance et la garantie de l’autorité législative.

On nous parle ensuite de CNP Assurance. C’est quoi ? Même stratégie, je vais sur internet et je découvre…

Un partenaire en assurance. En Europe, le groupe CNP Assurances crée et gère des produits d’assurance de personnes  pour ses partenaires bancaires (La Banque Postale, BPCE, Banco Santander, UniCredit,…), ainsi que pour les mutuelles, entreprises, collectivités locales…  Il propose aussi ses offres ciblées pour les acteurs financiers en recherche de diversification. C’est le 1er assureur de personnes en France et le 4e en Europe (hors santé).

Notre mission : protéger l’avenir de chacun. Les activités de CNP Assurances sont au cœur des besoins de la population. Le groupe CNP Assurances conçoit et gère des contrats en assurance vie, assurance retraite, prévoyance et protection (couverture de prêts et assurance santé). Nous comptons 38 Millions d’assurés en prévoyance, protection et santé dans le monde, et plus de 14 Millions en épargne/retraite.

Un Groupe ancré dans le secteur public. CNP Assurances s’appuie sur un actionnariat solide conforté par un pacte associant la Caisse des Dépôts, l’État français et deux grands partenaires bancaires – La Banque Postale et BPCE – via la holding Sopassure. A eux quatre, ils représentent plus des deux tiers de son capital.

En découvrant ce mastodonte financier aux belles ambitions, ma curiosité me pousse à aller voir quelques chiffres-clés vertigineux. Assureur depuis 160 ans.38 Millions d’assurés en prévoyance, protection, non-vie et santé. 14 millions en épargne et retraite dans le monde. 5 100 collaborateurs dans le monde. N°1 de l’assurance de personnes en France (leader en assurance vie et en assurance emprunteur). 4e  assureur de personnes en Europe (hors santé). 4e  assureur au Brésil. Chiffre d’affaires 2017 : 32,1 Md€. Encours moyens nets 2017 : 310,1 Md€ (308,7 Md€ en 2016).

Dans son conseil d’administration, au 3 septembre on y trouve de nombreux membres issus de la CDC, mais aussi Philippe Wahl (PDG de la Poste), Florence Lustman, directrice financière de La Banque Postale, Rémy Weber, président du directoire de La Banque Postale et plusieurs administrateurs issus de la BPCE (alliance de la Banque Populaire et de la Caisse d’épargne)…

Établissement public jusqu’en 1992, CNP Assurances est une société anonyme à conseil d’administration. Elle a fait son entrée en Bourse en 1998. Depuis, CNP Assurances s’appuie sur un actionnariat stable, concrétisé par la signature d’un pacte jusqu’au 31 décembre 2019 entre ses grands actionnaires : la Caisse des dépôts, Sopassure  (La Banque Postale et BPCE) et l’État.

CNP Assurances et BPCE ont reconfiguré et renouvelé leur partenariat de distribution pour 7 ans à compter de début 2016. Elle a élargi et renouvelé également ses accords commerciaux avec La Banque Postale pour 10 ans à partir de 2016.

Après toutes ces recherches, je visionne la conférence de presse qui annonce le rapprochement de la CDC et de la Poste.

Voilà un bref aperçu du climat social et pour gagner les prochaines manches nous devons lutter sachant que nous ne pourrons pas mener les luttes sans la masse, nous devons donc convaincre, et la direction du syndicat, c’est à dire la CE en a aussi la responsabilité.

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