Reconquérir la démocratie ! (IX)

En cette période de course effrénée à la présidentielle, la rubrique libre expression se veut le terrain idéal pour susciter le débat et pourquoi pas éveiller les consciences.

Alain Queyras, militant engagé et passionné, nous livre son analyse sur le monde et nos modèles de société. Une réflexion sur le sens de la vie, l’être humain, l’environnement, le travail et le partage des richesses… Autant de sujets qui devraient être au centre du débat politique et dont nous avons le devoir de nous emparer pour faire vivre la démocratie entre autres choses.

Son récit fleuve sera publié tous les jours pour vous laisser découvrir son analyse au fil des chapitres :


Les conditions d’une révolution ne sont pas remplies. Je pense qu’imprégnés de judéo-christianisme nos concitoyens attendent toujours l’homme providentiel, le chef qui les « sauvera ».

La pratique du suffrage universel (élection du président) prolonge cet inconscient ainsi que l’éducation dispensée par nos sociétés (famille, écoles, entreprises) qui « ordonnent » l’abandon du libre arbitre, de la morale et la soumission devant le chef, quel qu’il soit (Milgram le démontre aisément dans ses travaux).

Nous avons besoin de remporter des luttes démocratique en se saisissant de cet ersatz de démocratie restant. Enfin, enfin le programme politique d’un candidat le propose à notre peuple : le programme « Mélenchon ». Je le considère être un début de renouveau, il me paraît être essentiel sur la question de la démocratie.

Pour rendre au peuple sa souveraineté, ce programme « Mélenchon » propose de faire écrire une nouvelle constitution. Une constitution permettant au peuple de se représenter lui-même, avec à minima des contrôles, un pouvoir de révocation et des sanctions spectaculaires aux dévoyés. Ce programme prévoit ensuite la démission immédiate de l’élu pour pouvoir être mis en œuvre tout de suite.

Je pense simplement que là est l’essentiel, la clef, le déterminant de notre futur collectif. Le reste de son programme me semble largement secondaire, même un carcan inutile, dans la situation actuelle. Une union avec Hamon, que nombre appellent de leurs vœux, sur ce seul sujet serait, à mon sens, la recherche vraie et non utopique de l’intérêt général.

Une campagne sur ce seul sujet éclairerait le fait que nous ne sommes pas en démocratie. De plus, il n’y a nul besoin de députés et sénateurs pour faire adopter une nouvelle constitution, un référendum suffit !

Notre peuple ne sera « pas trop petit, pas trop faible face à la gigantesque mécanique des pourris, il pourra engager les ruptures nécessaires, d’avoir des idées radicalement nouvelles, d’apprendre à travailler ensemble malgré nos différences… »

Quelques soient les intentions ou pas du vote des électeurs, dont nombre sont découragés, voir résignés, aucun n’est satisfait des « candidats ». L’essentiel de ceux que je rencontre et qui votent encore, votent depuis longtemps par défaut. Pour ma part, j’essaie d’orienter les discutions sur ce sujet…

Je constate que beaucoup sont interpellés et se retrouvent avec énergie sur cette question qui offre en fait peu de polémiques. J’ai ressenti beaucoup d’hésitation dans leur intention première, surtout quand ils apprennent que le seul qui propose ce changement, propose de démissionner pour laisser la place à l’application de cette nouvelle constitution, seule possibilité d’avoir d’autres élus que celle de la caste actuelle et des réponses à leur aspiration.

Je terminerai en disant que des hommes majeurs, au sens « Kantien », contestent et dénoncent, s’informent et informent en particulier à travers les réseaux sociaux, militent et travaillent au sein d’organisations et d’associations, avec la fouge de la générosité, ils représentent la vraie élite de notre monde. Ils sont, ils restent notre seul espoir !

J’ai quelque peu le sentiment qu’ils sont rejoints par un nombre croissant qui s’éveillent de leur conformisme, de leur paresse, qui gagne leur dignité humaine dans un combat. Parce qu’il s’agit d’un combat, d’un combat de classe (au sens marxiste) dans une guerre qui n’a jamais atteint un tel degré, un tel paroxysme dans sa densité et son échelle.

Notre pays peut devenir un exemple, comme celui de la révolution de 1789, pour nombres de pays, en rompant avec le capitalisme, en actualisant le contrat social entre les hommes et en promouvant un contrat naturel avec la Terre.

Je conclurai par ce poème d’un vieux copain syndicaliste, poète et écrivain marseillais.

Telle est l’heure première

Si fragile encore

Et nos voies chuchotent

L’épreuve des choses nouvelles

A l’oreille de l’humanité.

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