Une société guidée par l’invisible (III)

En cette période de course effrénée à la présidentielle, la rubrique libre expression se veut le terrain idéal pour susciter le débat et pourquoi pas éveiller les consciences.

Alain Queyras, militant engagé et passionné, nous livre son analyse sur le monde et nos modèles de société. Une réflexion sur le sens de la vie, l’être humain, l’environnement, le travail et le partage des richesses… Autant de sujets qui devraient être au centre du débat politique et dont nous avons le devoir de nous emparer pour faire vivre la démocratie entre autres choses.

Son récit fleuve sera publié tous les jours pour vous laisser découvrir son analyse au fil des chapitres :


Comment comprendre l’acquiescement ou la soumission d’une très large majorité d’individus à cet enfermement ? L’acceptation de sociétés qui broient aussi bien la Planète que les Êtres Humains qui y vivent ? Je reprendrai simplement par l’expression de Victor Hugo :

De l’ignorance naît l’inconscience.

Une ignorance « travaillée » comme le décrit, entre autre, « la fabrique du consentement » de Noam Chomsky, le travail de Michel Collon sur les médiamensonges, le seul livre de La Boetie « Discourt sur la servitude volontaire » et les travaux de Milgram.

La simultanéité de la coexistence parasitaire et bestiale de nos sociétés n’est pas le le simple fait du hasard ou d’une quelconque loi physique, mathématique, organique ou historique.

Si hier la vie des hommes était soumise, dictée par le dogme religieux judéo-chrétien et son Dieu invisible, aujourd’hui la vie des hommes est façonnée, guidée par le dogme capitaliste.

Capitalisme devenu ultra-libéral depuis Thatcher et Reagan dans les années 80 et qui a son propre Dieu « Le Marché » (dit aussi « la main invisible »), son ordre marchand et son seul pendant : l’argent. Hier comme aujourd’hui, nos sociétés sont guidées par un dogme sublimant l’invisible.

Stupéfiant non ? Comment peut-on adhérer à une telle bêtise qui fait fi de la morale, de l’intelligence collective des hommes, qui engendre des conséquences terribles et indécentes sur eux et leur planète. Hier comme aujourd’hui, ce dogme capitaliste est présenté comme étant indépassable.

Malade des fruits de sa propre culture, il cherche à en contaminer toute la planète avec ce que l’on appelle la « mondialisation », comme jadis la religion judéo-chrétien qui ordonnait la conversion du monde à son Dieu peu importe la barbarie de la méthode employée.

Ce dogme se revendique du « Darwinisme social » (la survie du plus apte) qui est un fondement de l’Eugénisme pratiqué à partir du 19éme siècle, et encore en Chine aujourd’hui, avec les conséquences induites que l’on sait (entre autres la Shoah) ; Ainsi, chaque pays, chaque région, chaque ville, chaque individu se retrouve être livré à une concurrence sauvage dite « libre et non faussée » inscrite, par exemple, dans le traité européen de Lisbonne.

Ce dogme, qui prétend de surcroit, une création de richesse infinie (croissance) par le pillage des ressources terrestres, réfute totalement l’évidence que nous vivons dans un « monde fini ».

Ainsi promue, cette école de pensée prime totalement sur l’organisation de nos sociétés, éliminant toutes régulations, excluant toutes règles, bannissant toute morale. Elle fonctionne comme un gyroscope qui tourne pour ne pas tomber, sans but, sans finalité, dépourvue de morale et de vertu, incohérente et inconsciente, aveugle et criminelle.

Se débarrasser du capitalisme est une question de survie pour l’Humanité.

Hier comme aujourd’hui, ces dogmes n’existent que pour le service exclusif d’une minorité, d’une secte, d’une véritable mafia : une oligarchie bestiale, totalement incapable d’accéder aux « lumières », ivre de consommation et de pouvoir.

Ainsi transcendée et illuminée par l’invisible, l’oligarchie a installé insidieusement la ploutocratie, liquidant les derniers restes de la démocratie, et guide nos sociétés et l’humanité entière vers un nouveau féodalisme avant de la précipiter vers la solution finale de nature guerrière et/ou naturelle.

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