Résultats 2016 chez Orange: Iceberg droit devant !

En passant dans les services, on entend souvent que le nombre d’emploi n’y est plus, que ce n’est plus ce que c’était… Mais les chiffres le confirment-ils ?

Des effectifs toujours en baisse…

En 10 ans, une baisse de 50% de l’effectif, voila le chiffre clé du bilan social de la Direction Orange Sud Est. Pendant cette période, nous sommes passés de 9667 à 4680 salariés, excellent témoin de l’état de santé économique et social déplorable de notre direction.

Ce qui n’empêche pas pour autant Orange de persister et de signer : en 2016, 303 départs en retraite  pour 137 embauches en CDI soit à peine plus d’un départ sur 3 remplacé.

Les 1000 salariés en Temps Partiel Sénior constituent aujourd’hui 21 % de l’effectif. Mais sur ces 1000 TPS, 517 sont « libérés », les restants étant présents à temps partiel ne représentent alors plus que 25% de force au travail ! Dans le même temps, les nouvelles embauches en CDI sont de moins en moins nombreuses alors que les CDI temps partiel, contrats de professionnalisation, intérimaires, apprentis ou stagiaires représentent presque 7% de l’effectif actif.

… mais une activité qui ne diminue pas

Pour tenter de palier à ces manques et en guise de preuve qu’il y a du travail sur la DOSE, la sous-traitance représente aujourd’hui 35% de l’effectif  social (1597 salariés) et 38% de l’effectif actif ! Ces chiffres atteignent du jamais vu chez Orange.

L’entreprise se montre encore à la hauteur dans sa volonté d’externaliser charges, formations, préventions et donc risques en favorisant le dumping social. La place de ces salariés devrait être dans les rangs du donneur d’ordre, dans le cas contraire, ils devraient au moins pouvoir travailler dans les mêmes conditions de revenus, d’avantages et de formations, que les salariés Orange.

Ces chiffres démontrent que l’activité n’est pas en baisse. Pour preuve, le nombre d’ACO effectuant des heures supplémentaires augmente de 36% pour les salariés en classe C par rapport à 2014 et même de 49% pour la classe D.

Mais au delà de ce constat alarmant, le bilan social 2016 est tristement explicite par de nombreux indicateurs.

Des richesses qui ne profitent pas aux salariés

Le nombre de promotion est encore une fois en recul depuis 2014 (10% cette année) et ce sont les cadres qui en profitent le plus. Ils sont 34% à avoir bénéficié d’une promotion quand ils ne représentent que 26% de l’effectif.

Ce ne sont pourtant pas les résultats qui manquent, en 2016 Orange annonce 3,2 Milliards de bénéfices et rémunère ses actionnaires à hauteur de 8%. C’est bien sur sans compter les 400 Millions d’euro de CICE, crédit d’impôt pour le maintien de l’emploi, accordé L’État ces dernières années.

Pour rappel, dans le même temps, nos rémunérations moyennes annuelles ont progressé de seulement 98€  entre 2015 et 2016 soit 8€ brut par mois. Cette année, la participation et l’intéressement ont baissé de plus de10% et ce n’est pas le plan d’actions gratuites, versées « sous conditions » et d’ici 2020, qui changera le fond du problème.

Ce sont ces chiffres que rappel Christian Mathorel, secrétaire général de la Fapt, dans une lettre adressée au PDG d’Orange. Car en effet, les attentes des salariés sont légitimement grande en terme de redistribution de ces richesses crées.

D’autant que les augmentations de rémunérations sont en réalité essentiellement dues à l’aide au financement de la couverture maladie, à l’application de la réglementation du calcul des indemnités des congés payés et au nombre croissant d’heures supplémentaires. C’est la démonstration que les promotions ne pèsent pas grand chose sur le pouvoir d’achat des salariés.

Mais outre les salariés qui ne profitent pas de la richesse qu’ils produisent, Orange ne se montre pas non plus à la hauteur en terme d’investissement sur le réseau ni en terme d’entretien de celui-ci. Il est maintenant indirectement laissé aux sous-traitants à travers la mécanique des forfaits de bout en bout.

Un employeur pas à la hauteur de l’enjeu

Ces dégradations sociales et économiques ne sont pas sans conséquences et les baromètres existent pour en témoigner.

Malgré les résultats inquiétants de l’enquête du Comité National de Prévention du Stress dans notre DOSE, rien n’a été envisagé ni en terme d’allégement de la charge de travail suite aux départs, ni en terme d’organisation du travail dans les divers sites. Pire, Orange installe la multicompétance, la digitalisation, ferme les services et renvoie ses salariés au nomadisme et au télétravail.

Au sein de la DOSE, 12% des personnels actifs sont accompagnés par le service social proposé par l’entreprise. Le chiffre ne cesse d’augmenter alors que les effectifs n’en finissent pas de baisser, témoignant ainsi de la difficultés dans laquelle se trouvent les salariés de notre bassin d’emploi.

Aujourd’hui une seule question se pose : quels moyens va mettre la DOSE pour enfin reconnaître ses salariés, ses sous-traitants, les hommes et les femmes qui font fonctionner son réseau, ses boutiques, ses plateaux ? C’est à nous tous, salariés, d’en exiger la réponse !

Téléchargez ici l’affiche de présentation des chiffres Orange en 2017 à la DOSE. A partager sans modération !

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2 réactions

  1. « rémunère ses actionnaires à hauteur de 8%.  » Lol.
    En 2011, le dividende était de 1.4€ par action.
    En 2016, il est de 0.6€ par action.
    En 2017, il devrait être de 0.65€ par action.
    Quel employé accepterait une baisse 57% de de son salaire en 5 ans ?

    1. Un salarié produit des richesses, que je sache il est rémunéré pour un travail effectué. Il ne va quand même pas se confondre en remerciement d’avoir un salaire parce qu’il permet à une entreprise de tourner !
      Jusqu’à preuve du contraire ce n’est absolument pas le cas d’un actionnaire. On ne peut pas comparer dividende et salaire.

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